Le DAM comme aspirine
Quand la douleur devient visible (fichiers introuvables, doublons, versions contradictoires, droits flous), la réaction est presque toujours la même : chercher un outil. “Il nous faut un DAM.”
C’est humain. Un outil, c’est concret. Ça a un nom, un prix, une démo. Ça rassure un comité de direction. Ça donne l’impression d’avancer.
Sauf qu’un DAM ne traite pas la cause. Il traite le symptôme.
C’est comme réorganiser une bibliothèque sans se demander qui y range quoi, selon quelles règles, et pour qui. Vous aurez de belles étagères. Elles seront en désordre dans six mois.
Ce que personne ne veut entendre
Les vrais problèmes ne sont pas techniques. Ils sont organisationnels :
- Personne n’est responsable des assets. Tout le monde en produit, personne n’en répond.
- Il n’y a pas de règles partagées. Nommage, formats, circuits de validation, chaque équipe fait à sa manière.
- Les contenus entrent sans contrôle qualité. Le DAM ne filtre pas la médiocrité, il la centralise.
- L’adoption est supposée, jamais travaillée. On déploie l’outil et on espère que les gens suivront.
Un DAM posé sur ces fondations ne résout rien. Il ajoute une couche de complexité à un système déjà fragile.
Ce qu’un DAM fait vraiment bien, et ce qu’il ne fera jamais
Un bon DAM centralise, structure, distribue. Il accélère ce qui fonctionne déjà. C’est un amplificateur.
Mais il ne crée pas à votre place :
- une gouvernance claire (qui décide quoi, qui valide, qui archive) ;
- des processus de contribution (comment un asset entre dans le système, avec quelles métadonnées, selon quel workflow) ;
- une culture de l’usage (pourquoi c’est dans l’intérêt de chacun de jouer le jeu).
Sans gouvernance, un DAM devient un Drive un peu plus cher.
La question que vous devriez poser en premier
Pas “Quel DAM choisir ?”
Mais : quelle organisation devons-nous construire pour que nos assets digitaux servent la performance plutôt que de la freiner ?
La réponse à cette question change tout. Elle détermine si un DAM est pertinent, lequel, avec quel périmètre, et surtout : comment faire en sorte qu’il soit réellement adopté.
Le vrai point de départ
Les projets DAM qui réussissent ne commencent pas par un benchmark d’outils. Ils commencent par un diagnostic honnête : qu’est-ce qui ne fonctionne pas aujourd’hui, pourquoi, et qu’est-ce qui doit changer indépendamment de tout outil ?
C’est moins spectaculaire qu’une démo produit. C’est nettement plus utile.